Les États-Unis ont imposé une nouvelle série de sanctions visant le secteur aérien iranien, notamment 27 compagnies aériennes iraniennes comme Mahan Air, dans le cadre d’une politique plus large de « terrorisme économique » imposée à l’Iran.
Les mesures annoncées mardi visent également 35 entreprises et une personne physique. Parmi les personnes concernées figurent des intermédiaires étrangers liés aux compagnies aériennes iraniennes en Turquie, en Malaisie, au Kazakhstan et aux Émirats arabes unis, selon le département du Trésor américain.
L’ampleur des sanctions signifie que leur impact pourrait s’étendre au-delà des compagnies aériennes et toucher les entreprises impliquées dans le financement, la maintenance et l’exploitation internationale du transport aérien iranien.
Un responsable du Trésor américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat au sujet des nouvelles sanctions, a déclaré à Al-Monitor : « En réalité, nous mettons hors d’état de nuire l’ensemble du secteur aérien iranien. »
Le Trésor a également révoqué trois licences générales qui autorisaient certaines transactions impliquant le transit dans l’espace aérien iranien et l’exploitation d’avions de fabrication américaine par des compagnies aériennes non américaines à destination de l’Iran.
Ce changement pourrait affecter non seulement les compagnies aériennes iraniennes, mais aussi les compagnies étrangères dont les opérations impliquent le survol de l’espace aérien iranien ou des vols à destination du pays.
Mahan Air, l’une des plus importantes compagnies aériennes iraniennes, est déjà soumise à de lourdes restrictions américaines, tandis que Washington a déjà ciblé des entreprises et des intermédiaires accusés de soutenir ses opérations internationales.
Cette dernière mesure intervient après que le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré la semaine dernière que Washington envisageait de nouvelles sanctions visant les compagnies aériennes et les sociétés de location d’avions iraniennes, dans le cadre de sa campagne de pression économique.
Ces sanctions s’inscrivent dans le cadre de l’« Opération Exclusion Économique » lancée par Washington contre Téhéran après l’échec de l’administration Trump à atteindre ses objectifs militaires contre l’Iran. Les autorités iraniennes ont dénoncé ces mesures comme du « terrorisme économique » et exhorté les autres États à ne pas se joindre à cette initiative illégale.
Par ailleurs, les conséquences des nouvelles sanctions ne se limitent pas au transport aérien.
L’Iran est soumis depuis des années à un régime de sanctions américaines très strict. Les responsables iraniens et les détracteurs de cette politique affirment que ses effets se font sentir jusqu’aux ménages ordinaires, se traduisant par une instabilité économique, des restrictions commerciales et des difficultés d’accès aux produits importés.
Ce régime de sanctions plus large a contribué à la pression sur la monnaie iranienne, à l’inflation et à la précarité des ménages. Les autorités iraniennes ont souligné à plusieurs reprises que les restrictions imposées aux services bancaires et au commerce international compliquent l’obtention de médicaments, de matériel médical et d’autres biens essentiels, tout en limitant l’accès aux marchés étrangers et aux services financiers.
Les responsables iraniens décrivent de plus en plus les sanctions comme une forme de pression visant non seulement le gouvernement, mais aussi l’économie du pays dans son ensemble et les citoyens iraniens.
De son côté, le Royaume-Uni a instauré de nouvelles restrictions dans le cadre d’un ensemble de mesures plus vaste ciblant l’Iran, notamment l’interdiction d’atterrissage pour les avions iraniens, sauf dérogation spécifique.
Les nouvelles mesures britanniques comprennent également des restrictions financières, commerciales et maritimes, accentuant ainsi la pression sur l’économie iranienne et ses liaisons de transport internationales.